Les alcooliques amateurs
L’homme est inexorablement une latente poche a gnôle. A la moindre invitation, à la moindre impulsion, il se rue, bouche en cœur, sur le goulot d’une bouteille ou sur la courbe d’un verre ballon et autre contenant pour substance liquide licite.
Qu’on le veuille ou non on chante à tout bout de champs l’ivresse et le glouglou social qui fait de nous de bons français mais qui nous rend parfois de si peu respectables humains. Mais point de morale, l’alcool nous fait payer cash nos excès. Pivert dans la tête le matin, tête dans la cuvette, bleus et contusions diverses, inconnu dans son lit, prix nobel de la lourdeur, touche pipi incongru, braqueur de sapin dépressif… En somme, le calcul est simple, un peu ça va, trop bonjour les dégâts.
Ce que je voudrais mettre en exergue dans cette ode à la vinasse, c’est autant le ridicule que le côté exaspérant des situations que l’alcool à outrance nous font vivre et surtout, font vivre aux autres, au risque de pourrire une soirée voir une année… ou une vie (ouais carrément).
On sait bien que “sans alcool la fête est plus folle” est une débilité notoire, qui ne se vérifie que dans 0.003% des cas quand vous partez avec une bande de gogolles consanguins pour un campement de chasse au dahu en plein mois d’aout.Donc dans 99,997% des cas, les fêtes sont alcoolisées. Autant de chance donc de se retrouver dans une soirée Mister Cocktail que d’avoir un chiard sans oublie de pilule.
Reconnaître les symptômes
Donc pour faire la fête, l’alcool aide… jusqu’à un certain point. ” Alors Joséphine cette soirée ? Cool ? Quoi ? “, “Hemaaueh beuhhh ahhh euhh”… Joséphine à la frange qui coule l’huile, les yeux noirs qui collent plus qu’une conjonctivite infantile, une haleine de sanibroyeur… bref, Joséphine a vomi toute la nuit. Elle aura beau avoir dansé sur les tables et presque réussi à pécho un mec inconnu qu’elle trouvait trop beau, mais qui une fois à la lumière du jour avait sûrement des chicos, une mèche, une haleine et un cul de poney … elle a beau avoir rit très (très très) fort et tenté des truc de ouf (vraiment vraiment ouf, genre : montrer ses nichons)… A aucun moment vous ne l’enviez. Ni elle, ni le mec/poney qui l’a ramené mais non rentré, et qui est donc rentré, chez lui, la quéquette derrière l’oreille parce que Joséphine s’est endormie à peine assise dans la voiture mais non sans avoir eu le temps de laisser une belle galette sur le tapis passager. Le lendemain, Mec/Poney est bon pour cuver son vin avec l’œil morte plaine tourné vers une beauté saoule disparue, tout en récurant, javel en main, sa 206 coupée. Un soirée pleine désillusions pour cet amateur des sports de chambre en 4 roues. Une soirée pleine de désillusion pour notre nouveau né Zombie, Joséphine, qui erre les mains tendues vers l’avant, titubant, aveugle, lobotomisée, en quête de mieux être, avec pour seul volonté et rêve que Mc Do se dote d’un putain de service de livraison.
Le prix concourt du Ivre de l’année.
Toutes catégories… ça inclus ceux qui ont l’alcool, mauvais, triste, volubile, chantant, grimpant, dépressif. En poids de viande marinée, imbibée, j’ai un un bon trente trois tonnes d’exemples, mais voici les lauréats.
- Prix du Ivre Drame de société
L’amie qu’il n’aurait pas fallu inviter (et avoir pour amie)… oui parfois vous n’y pensez pas mais les gens nourrissent secrètement pour vous et les autres humains, une forme de haine sous-jacente, qui resurgi brutalement une fois bien hydraté (d’alcool). Et voilà que fuse une première blague qui met un blanc “Et vous avez vu Gladysse a un énoooorme cul” (dans cet exemple j’ai été Gladysse) “Et vous avez vu ??? einh … le cul ééééénoooooorme de Gladysse”… -_-‘ le smiley est carrément mérité. Et puis comme les gens sont souvent plus sympa que ça, L’amie en question se fait mettre sur la touche, on l’ignore, ce qui ne fait qu’empirer les choses. Viennent ensuite, larmes, lamentations, petits coups de poing répétitifs sur le bar collant, boudage, et enfin pourrissage de la terre entière “De toute façon, vous êtes tous des cons” “Tu le savais pas Roberta mais la dernière fois ton copain m’a mis une main au cul pendant le repas…”. Au final quand vous voulez aller en boîte, elle veut pas. Quand vous y êtes, elle râle. Quand vous en partez, elle pleure et vous insulte. Si vous la chambré sur son humeur, elle vous tue (en rêve) et vous fais vivre un cauchemar en vrai (genre parler de votre cul… encore et toujours). Boulet de la soirée. Fin d’une amitié requalifiée copinage pour l’occasion. J’avoue que dans ce genre de cas l’alcool rend service à tout le monde … après coup.
- Prix du Sport et botanique
Le copain bourrin gentil… vous savez le genre pilier (et de comptoir). Le bon gars que tu feras jamais chier parce qu’il est gentil, mais aussi parce qu’il est plus fort que toi. Tu le sais, il le sait, la paix est le chemin donc. Voilà c’est votre pote, et il a décidé de faire un concours viril, le numéro 2 du box office des concours virils : après “qui a la plus grosse”, avant “qui pisse le plus loin” et bien devant “qui a la plus belle meuf”… Qui est le “better faster stronger descendeur de verres”. Concours à l’impact social hautement important. L’admiration de tes proches est en jeu, ton honneur, ta vie tout entière repose sur ça… attention on ne déconne pas avec le “better faster stronger descendeur de verres” !!
Donc copain pilier gentil, claque un à un les verre vidés. Bon toi (moi) t’es un fille ou toi (toi) t’es un gars et t’es déjà le plus plébiscité, donc tu n’as pas besoin de suivre. Copain pilier parle fort, comme à avoir des comportements douteux du genre, frapper sur sa poitrine, lever les bras en l’air, chanter Michel Delpeche, dancer la cucaratcha. Et voilà, maintenant la bête veut être libérée… on descend en ville, dans les bar, confronter son alcoolisme aux autres. Vous savez tous comment finissent ces soirées. Vous avez tous un exemple à raconter. Ici ça fini avec une histoire de sapin volé qui sert tour à tour de trophée, d’arme, de moyen de pression… ça passe par des menaces de bagarre, des coups de poing dans les murs, des chagrins… encore un peu de Michel Delpeche… renommé Michel Fupèche, après confusion avec Michel Fugain.
Tu ne peux décemment pas laisser un garçon de ce gabarit ayant des troubles du comportement, tour à tour tout amour et tout colère, déambuler ivre, un sapin dans les mains. La probabilité que quelque chose de regrettable arrive est grande. Donc toi tu es garde fou pour la nuit. Et quand enfin la bête ronfle apaisée sur une table, non sans avoir remis le sapin a son exact place d’origine, t’as décuvé et les rues sont vide, le jour se lève.
- Prix du Ivre son et images
Les colocs qui rentrent de boîte… et qui tentent de faire doucement, parce qu’ils sont sympa et ne veulent pas vous réveiller. Alors il ouvrent précautionneusement la porte, marchent sur la pointe des pieds, chuchotent, se mettent au lit et dorment gentiment. En tout cas voilà ce que eux ont vécu en sachant qu’il ont pris tellement de décibels dans les oreilles qu’ils ont en rentrant les capacités auditives d’un homme de 100 ans, sourd de surcroit, et qu’ils ont tant bu qu’ils ont les capacités motrices équivalentes à celles d’un enfant après trois minutes de tourniquet. Donc vous dans votre lit vous avez d’abord été réveillés par les portes de voitures claquées sous votre fenêtre, suivi du brouhaha des rires de ce petit groupe montant à votre étage. Puis vous avez lutté avec eux pendant les deux minutes nécessaires pour trouver la bonne clé, la ramasser trois fois, et enfin trouver le sens d’ouverture d’une serrure, afin d’entrer dans l’appartement. Oui vous avez noté qu’il ont appuyé relativement doucement sur la poignée pour refermer derrière eux, mais ont ensuite remis une bonne minute à refermer. Puis ils ont marché sur la pointe de pieds ce qui expliquerait les bruits de chute. Enfin ils ont chuchoté “MAUUUURRIIIICCCE, CHUUUUT, HEHE… TU VEUX VOIR MES NICH…CHUUUUT”. Ahem. Enfin, le clou de la soirée c’est Maurice : fin mélomane, gravement atteint de fascisme musical, ayant tenté sans succès de nous trainer dans un bar de poilus toute la soirée, et ayant fini par capituler et danser comme tout le monde sur des sons bousesques en boite de la night. Maurice rentre hagard, et se rue sur son ordinateur pour se purifier les tympans à coup son noble et rock’n’roll. Et après une gestuelle se limitant à des fucks pour le DJ et les chanteur aux ivres carcasses entonnant du Michel Delpèche. Voilà donc Maurice, mettant le son à fond et se lançant dans une session de air guitare aussi pitoyable (à ton sens, toi est couché et qui voudrais juste dormir), qu’anthologique (pour lui ou pour Josiane qui aime Maurice d’un amour ivre…). Maurice n’a plus qu’une rengaine : qu’il chuchote à sa façon aussi “Putain ce son, ce son mon gars (à Josiane), comment il déboite ce son”…. “C’est pas du son de malade ça ??? ” (oui il est en solo là)… “écoute moi ça !!! Piiii pa tiouuuuu tiouuuu”…
Une heure durant vos amis colocs auront saccagé votre nuit. Une nuit durant votre ami pilier vous aura semé dans les rues de votre ville (mais un homme avec un sapin ça se retrouve facilement). Des années durant votre amie vous aura rabattu les oreilles. En sommes nous sommes envahi par les poches à gnôle, les arsouilles et autres viandes soules… a chaque soirée son lot d’ivres aventures… on a tous était le boulet d’une soirée. On tous vécu une journée enfer, ou plusieurs, suite à de pénibles et regrettées murges. Mais on en reparle tous comme si dans le fond on avait vachement rit. Surement l’alcool aide en ce sens car franchement ça fait rire qui, de se faire peloter par un poney, de s’endormir la tête sur la cuvette épuisé de constater à quel point notre estomac est capable de contenance, de se croiser l’œil coupable entre alcoolique à l’ouverture du McDo le dimanche matin, d’avoir deux jours de black out, trois jours de migraine et des échardes de sapin dans le cul…
Tout le monde en fait…
Je clôturerai sur les oubliés mais on les salut quand même :
- Prix du Ivre 1er de cordée.
Le soulard au besoin d’ascension “fessale”, celui qui monte sur les tables, sur les arrêts de bus, sur les panneaux de signalisation, les lampadaire et les gouttières, dans le but unique de montrer son cul au plus de gens possible. Recalé pour cause de “vu et revu dans ta télé”
- Prix du Ivre Roman jeunesse
La kikoulolalcooool aux cheveux virevoltants, un t-shirt déchiré où il est écrit “jem lé bit” et qui fini par vomir dans le casque de son scooter, n’ayant pas compris que le mètre de tequila c’est comme Sega, c’est plus fort que toi. (D’ailleurs cette jeunesse ne comprendrai même pas “Sega” mais c’est loin d’être leur pire erreur). Recalé pour cause de “mauvais goût”.
- Prix du Ivre littérature adulte
La fille qui le regrettera, la chaudasse qui sommeil en nous se réveille et voilà qu’on s’imagine danseuse de bar à tapute à Roses, sauf qu’on est à Gondrin-les-barques et que les boites de nuit sont autant destiné à des fans de tunning pré pubères qu’à des swinger des années 60 qui ne savent pas (encore) ce qu’est une pole barre… Recalé pour cause de “vu et revu dans ta télé” “mauvais goût” “Personne veut prendre sa place”.
Je m’épargne la laborieuse idée de vous faire un TEST pour savoir quel alcoolique êtes-vous. Tout comme le jeu de mot sur éthylotest. Suite à première idée… ok je suis à bout.
Mes cher amis, j’espère ne pas avoir trop écrit comme une kikoulol et avoir eu le plus grand respect pour notre langue française (argot compris).
Paix sur la race canine et mes frères.
J.
Et ecoutez c2c pour vous rappeler que un DJ à la base, n’est pas le crétin à frange inculte qui lève les bras en vous faisant écouter de la bouse dans les boites de night.




Hmm que je m’aime…
